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 Les pauvres à l’église

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MessageSujet: Les pauvres à l’église   Mer 9 Juil 2008 - 9:39


Les pauvres à l’église



Introduction

Les pauvres à l’église est un des premiers poèmes d’Arthur Rimbaud[/url]. Il est tiré d'un recueil intitulé Poésie écrit en 1870. C’est un poème du même type que Les poètes de 7 ans. On ressent la colère de l’adolescent devant les contraintes subies à Charleville. Il a été élevé dans la religion catholique avec sa mère. Etant forcé d’aller à la messe le dimanche, il pose un regard critique
sur la Bourgeoisie.



Lecture du poème



Les pauvres à l'église


Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église
Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux
Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise
Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;


Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire,
Heureux, humiliés comme des chiens battus,
Les Pauvres au bon Dieu, les patrons et le sire,
Tendent leurs oremus risibles et têtus.


Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses,
Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir !
Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses,
Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir.


Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,
Une prière aux yeux et ne priant jamais,
Regardent parader mauvaisement un groupe
De gamines avec leurs chapeaux déformés.


Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote :
C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !
- Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote
Une collection de vieilles à fanons :


Ces effarés y sont et ces épileptiques
Dont on se détournait hier aux carrefours ;
Et, fringalant du nez dans des missels antiques,
Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours.


Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
Récitent la complainte infinie à Jésus
Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,


Loin des senteurs de viande et d'étoffes moisies,
Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ;
- Et l'oraison fleurit d'expressions choisies,
Et les mysticités prennent des tons pressants,


Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie
Banals, sourires verts, les Dames des quartiers
Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie
Font baiser leur longs doigts jaunes aux bénitiers.



Annonce des axes

Nous étudierons dans un premier temps la structure du texte,
puis la peinture de la société faite par Rimbaud et pour finir la
critique de la religion.




Etude du texte




I. Structure du poème


a) Poème classique et original


  • Néologisme « fringalant »
  • Métrique 7ème vers
  • 9 quatrains
  • Souci de rébellion, ne respecte pas la métrique


b) Composition du poème

  • La place la plus grande accordée aux pauvres. 6ème, 5ème quatrains
  • Place réduite pour Jésus



II. Peinture de la société


a) Le peuple


  • Dès les premiers vers, on voit les pauvres entassés comme du bétail entre
    des rangées de bancs « parqués entre des bancs ».Ils sont mis à l’écart « aux
    coins d’églises ».
  • Ces pauvres, humiliés par leur position semblent cependant heureux d'être
    là parmi les autres fidèles et prient comme les autres.
  • Le premier quatrain présente les pauvres comme des animaux. Nous le voyons
    par les adjectifs « parqués » et « puamment ». Cette description est en opposition
    avec la richesse de l’Eglise « le chœur ruisselant d’orrie ».
    Rimbaud donne l’impression de personnes ridicules mais heureuses.
  • Les chapeaux déformés font référence au milieu populaire.



b) Les femmes


  • Rimbaud s'en prend également aux femmes qui viennent ici avec
    leurs enfants pendant l'heure de la messe pour oublier leurs
    souffrances quotidiennes.
  • La maternité est une image négative, animale, un supplice « des espèces
    d’enfants qui pleurent à mourir »
  • Quatrième quatrain : les seins, image de la féminité, ramène à la misère


c) Les exclus de la société (marginaux)


  • A côté, il y a les personnes âgées. Elles se cachent.
  • Les aveugles
  • 6ème quatrain : « les effarés » « épileptique »
  • Rimbaud compare les aveugles à leurs chiens, qui cherchent dans les
    livres de messes comme les chiens cherchent dans les ordures.
  • Tout le monde va à l'église, il ne reste dehors que les corrompus, les hommes en ribote.


d) Les dames de la bourgeoisie


  • (Jalousie devant la beauté des jeunes filles.)
  • Vers 31 : femmes de la bourgeoisie « expressions choisies »



III. Critique de la religion


a) Refuge des faibles c'est-à-dire les femmes, les vieilles et les exclus


  • Beaucoup voient dans la religion un refuge à leurs difficultés.
  • Le troisième quatrain montre le destin cruel des femmes qui ne peuvent se reposer qu’à l’église, des femmes épuisées.
  • 5ème quatrain : Les femmes trouvent dans l’église une sorte de protection. « C’est bon »


b) Les prières


  • Les pauvres énoncent leurs prières "bavant leur foi mendiante et stupide" à un
    Christ qui ne les entend pas et même qui s'ennuie, « qui rêve »
  • Des prières adressées dans le vide. Pour Rimbaud, c’est une cérémonie stupide. « farce
    prostrée »
  • Les prières manquent de conviction « les mysticités prennent des tons pressants ».
  • Il montre son mépris en employant des péjoratifs tels que « gestes
    repoussants ». Ces gestes peuvent être par exemple le fait de
    s'agenouiller.


c) Dieu lointain et insensible


  • 7ème quatrain : vision négative de l’église. Portrait de Jésus. Seulement
    quatre strophes pour Jésus (alors que 6 strophes pour les pauvres)
  • Les mots « en haut » et « loin » montrent que Jésus est inaccessible à référence à Le Mal
  • Jésus est loin de ses fidèles, indifférent aux misères du peuple.
  • Rimbaud décrit une humanité mauvaise
  • L'église voudrait faire croire qu’elle arrive à rassembler les
    riches et les pauvres dans un seul endroit sans marquer de différence
    entre eux.
  • Pour Rimbaud la messe est inutile. Elle est « prostrée et sombre »





Conclusion

Les pauvres à l’église est un poème où l’on retrouve toute la haine
de Rimbaud contre l’Eglise et la société. Son regard est celui d’un
adolescent en totale révolte contre son milieu, c'est-à-dire la
bourgeoisie. Nous pouvons remarquer que les thèmes choisis par Rimbaud
sont les mêmes dans Le Mal et A la musique.

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