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 Les fleurs du mal de Charles Baudelaire

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MessageSujet: Les fleurs du mal de Charles Baudelaire   Dim 25 Mai 2008 - 5:26

I Quelle structure pour le recueil ?

II Le sens des titres

III Histoire d'un titre


I Quelle structure pour le recueil ?

La structure des Fleurs du Mal a été très précisèment commentée par Baudelaire et ses défenseurs, et l'ordre suivant lequel les poèmes sont classés ne peut être changé sans porter atteinte au sens du recueil. Ainsi, BARBEY d'AUREVILLY, Dans un article qu"il rédige pour défendre Baudelaire contre les attaques de la justice, déclare :

" Les Fleurs du Mal ne sont pas à la suite les unes des autres comme tant de morceaux lyriques (...). Elles sont moins des poésies que'une oeuvre poétique de la plus forte unité. Au point de vue de l'art et de la sensation esthétique, elles perdraient beaucoup à n'être pas lues dans l'ordre où le poète, qui sait bien ce qu'il fait, les a rangées. Mais elles perdraient bien davantage au point de vue de l'effet moral ..."

Par ailleurs, Baudelaire avait écrit à Vigny, en 1861 : " Le seul éloge que je sollicite pour ce livre est qu'on reconnaisse qu'il n'est pas un album et qu'il a un commencement et une fin."

Les Petits poèmes en prose,n'obéissent pas à une rigueur architecturale et ne font qu'interroger le lecteur. En effet, parus à titre posthume deux ans après sa mort, le classement des cinquante poèmes du recueil ne semble pas correspondre à un ordre voulu par leur auteur. Certes, un sommaire autographe a été retrouvé mais était-il une ébauche ou définitif ? Le classement s'organisait de la façon suivante :

"Choses parisiennes"

" onéirocritée " ( récit de rêves et de cauchemars)

" Symboles et Moralités"

Par ailleurs, ce classement n'était pas achevé puisque Baudelaire avait ajouté : " Autres classes à trouver". De toute évidence, l'architecture du receuil n'était pas clairement définie.

De plus, si on lit attentivement la dédicace à Arsène Houssaye, on remarque que Baudelaire nous donne des consignes de lecture et que l'absence d'ordre est volontaire:

" Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait dire, sans injustice, qu'il n'a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue, alternativement et réciproquement. Considérez, je vous prie, quelles admirables commodités cette combinaison nous offre à tous, à vous, à moi et au lecteur. Nous pouvons couper où nous voulons, moi ma rêverie, vous, le manuscrit, le lecteur sa lecture ; car je ne suspends pas la volonté rétive de celui-ci au fil interminable d'une intrigue superflue. Enlevez une vertèbre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister à part. Dans l'espérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j'ose vous dédier le serpent tout entier. " ( c'est moi qui souligne)

Ce début de dédicace, se présente à la fois comme une définition du recueil et un mode d'emploi pour la lecture : la métaphore du "serpent", la périphrase "tortueuse fantaisie", pour désigner l'ouvrage, la référence à la "tête et la queue" de l'animal rampant pour nommer le début et la fin du recueil et souligner que le premier poème peut devenir le dernier, préciser la particularité du ver de terre qui peut non seulement survivre à une amputation d'un de ses segments mais encore ressouder ses segments, pour expliquer que le lecteur peut ne pas lire un poème ou interrompre sa lecture quand il veut sans pour autant porter atteinte à l'intégrité du recueil car chaque poème est autonome et peut exister sans être rattaché aux autres poèmes, met en évidence le principe qui domine le recueil, à savoir : LA DISCONTINUITE.

La discontinuité ne nécessite pas une lecture suivie : le lecteur lit au gré de son désir et de son plaisir, il est libre de créer l'ordre qu'il veut et en ce sens, Baudelaire fait du lecteur un acteur qui, en quelque sorte, participe à la création du recueil. L'absence d'ordre génère un ordre possible ( différent selon chaque lecteur) ; l'absence de construction linéaire permet toutes sortes de compositions possibles : en ne faisant pas de la linéarité une contrainte de lecture, Baudelaire met en évidence le souci de liberté qui préside à l'écriture des Poèmes en prose.


Les éditeurs ont choisi arbitrairement et approximativement l'ordre de parution des poèmes dans les différentes revues entre 1855 et 1867 ( approximativement car les deux premiers poèmes publiés en 1855 " Le crépuscule du soir" et " La solitude" occupent respectivement la XXIIème et la XXIIIème place, tandis que le poème inaugural du recueil " L'Etranger" a été publié en 1862)

On peut enfin tenter d'opérer un "regroupement" thématique : les thèmes du spleen, de la ville, des pauvres, de la femme, du poète, du rêve, du temps, du voyage ... sont récurrents et peuvent regrouper plusieurs poèmes.

Ainsi peut-on proposer le tableau suivant : La condition du poète I ; III ; V ; VII ; IX ; XIV ; XXVII ; XXXVI ; XXXVIII
Les femmes II ; XI ; XIII ; XXV ; XLII ; XXXVIII ; XLIII
L'enfance XV ; XIX ; XX XI
Les pauvres XIV ; XIX ; XXVI ; XXVIII ; XXX ; XLIX
La solitude V ; X ; XII ; XXIII ; XXIV
Le spleen I ; VI ; X ; XII ; XXI ; XXIII ; XLV ; XLVIII ;
Le voyage XVI ; XVII ; XVIII ; XXIV ; XLI
Le temps XXII ; XXXIII ; XXXIV ; XXXIX
La satire de la société IV ; VIII ; XX ; XXIII ; XL ; L
Les foules et la ville I ; IV ; IX ; XII ; XIII ; XIV



II Le sens des titres

La diversité des titres permet de préciser les différentes sources d'inspiration des poèmes et force est de constater qu'elles sont très nombreuses. On peut opérer le repérage suivant :

- Des lieux tels : " le port" ; " un hémisphère dans une chevelure" ; " N'importe où hors du monde"

- Des animaux tels : " Les bons chiens" ; " Le chien et le flacon" ;

- Des circonstances telles : " Les projets" ; " L'invitation au voyage" ; " Les vocations"

- Des objets tels : " Le miroir" ; " La corde " ; " La fausse monnaie" ; " Les fenêtres" ; " L'horloge" ; " Le gâteau" ; " Le joujou du pauvre"

- Des moments tels : " A une heure du matin" ; " "Le crépuscule du soir" ; " Déjà"

- Des astres tels : " Les bienfaits de la lune" ; " La soupe et les nuages"

- Des êtres humains : c'est la catégorie la plus représentée et la plus diversifiée :

- Les hommes : " Un plaisant" ; " le galant tireur"

- Les femmes : " Les veuves" ; " La femme sauvage et la petite maîtresse" ; " Portaits de maîtresses"

- Les enfants : " Le joujou du pauvre" ; " Le gâteau"

- Les vieux : " Le désespoir de la vieille" ; " Le vieux saltimbanque"

- Les beaux : " La belle Dorothée" ; " Le fou et la Vénus"

- Les laids : " Le mauvais vitrier" ; " Les tentatations ou Eros, Plutus et la gloire"

-Les pauvres : " Les yeux des pauvres" ; " Assommons les pauvres" ; " Le joujou du pauvre"

- Les étrangers : " L'étranger"

- Les métiers : " Le mauvais vitrier" ; " " Le joueur généreux"

- Les artistes : " Le "confiteor" de l'artiste" ; " Le désir de peindre"

Les poèmes en prose offrent une représentation de l'humanité à travers toutes les catégories sociales, économiques, professionnelles et culturelles. Le recueil est une véritable fresque du paysage humain qui se rencontre à Paris dans cette deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Autant de titres qui attestent que le "moi" du poète n'est pas au centre du recueil en tant que sujet. Les Petits poèmes en prose résultent du regard du poète sur le monde et sur la société de son époque. C'est un des aspects particuliers de ce recueil de poèmes qui montre la rupture avec Les Fleurs du Mal. ( cf : les différents rôles du poète ). Baudelaire dit moins son désespoir que celui des autres , il devient en quelque sorte le porte-parole des souffrances d'autrui.


Dernière édition par Amour des mots le Mer 9 Juil 2008 - 3:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les fleurs du mal de Charles Baudelaire   Dim 25 Mai 2008 - 5:28

III Histoire d'un titre

De même que Baudelaire n'a pas laissé de consignes précises pour la structure du recueil, il n'a pas précisé le choix définitif du titre. seules quelques indications ont permis aux éditeurs de privilégier tel titre plutôt que tel autre.

Les choix possibles

Le titre initialement prévu par Baudelaire, en 1861, était : Poèmes nocturnes, en hommage sans doute au Gaspard de la nuit, d'Aloysius Bertrand. C'est sous cette bannière que sont parus dans la revue Le présent, les premiers poèmes en prose : " Le Crépuscule du soir" et " La solitude"

Petits poèmes en prose apparaît pour la première fois en 1862, dans la revue "La presse" lors de la publication de 20 poèmes dont :" L'étranger", " Le Confiteor de l'ariste", " Le gâteau"...

En 1864, le journal Le Figaro publie 5 poèmes ( " La corde", " Le joueur généreux", " Ennivrez-vous", " Les vocations", " Un cheval de race" ), sous le titre " Le Spleen de Paris"

Le dernier titre envisagé, Petits poèmes lycanthropes, met l'accent sur le mal-être profond du poète et aussi sur son rejet de la vie en société ( ce que certains appelaient "la misanthropie de Baudelaire" ). En effet, la lycanthropie est une forme aiguë de la mélancolie et désigne aussi le comportement "sauvage" de l'homme, tel celui du loup.

D'autres titres tels Le promeneur solitaire, Le rôdeur parisien.... ont été envisagés par Baudelaire, mais aucun poème n'a été publié sous ce titre.

Quel choix ?

Les éditeurs ont privilégié Petits poèmes en prose, titre qui met l'accent sur la particularité générique. Choisir de présenter le recueil sous son aspect formel, c'est présenter Baudelaire comme un novateur ( Alosysius Bertrand restait inconnu pour le grand public), c'est donner de l'importance à cette nouvelle forme poétique et, par là même, interpeller le lecteur en soulignant la rupture avec Les Fleurs du Mal.

Le sous-titre Le Spleen de Paris informe sur la source de l'inspiration poétique, ce que confirme une lettre que Baudelaire adressait à Victor Hugo : " [...] J'ai essayé d'enfermer là-dedans toute l'amertume et toute la mauvaise humeur dont je suis plein". Par ailleurs, on sait que l'auteur préférait ce titre et qu'il l'utilisait beaucoup plus souvent que le précédent. Dans une lettre, en 1866,il écrivait :

" Je suis assez content de mon Spleen. En somme, c'est encore Les Fleurs du Mal mais avec beaucoup plus de liberté et de raillerie"

De fait, le terme "spleen" fait directement référence à la première partie des Fleurs du Mal ( " Spleen et Idéal"), et "de Paris" semble faire écho à la deuxième partie du recueil en vers : " Tableaux parisiens". On pourrait alors penser que les Petits poèmes en prose sont une "suite" des Fleurs du Mal, comme le laissait supposer un journaliste du Figaro, en 1864 : " Le Spleen de Paris est le titre adopté par M.C Baudelaire pour un livre qu'il prépare et dont il veut faire un digne pendant aux Fleurs du Mal."

Enfin, l'épilogue du recueil en prose est une invocation à Paris qui en dit long sur l'attachement irrésistible du poète à cette ville :

" [...] comme un paillard d'une maîtresse,

Je voulais m'enivrer de l'énorme catin

Dont le charme infernal me rajeunit sans cesse.

[...]

Je t'aime, ô capitale infâme ! [...] "

Le terme SPLEEN n'apparait jamais dans les poèmes mais il exprime toute la mélancolie, le mal-être, l'ennui, le dégoût de la vie, les souffrances morales et affectives du poète. Certes, Baudelaire n'a pas inventé ce terme pas plus qu'il n'a été la premier à l'utiliser ( Diderot l'appelait " les vapeurs anglaises"). Terme anglais d'origine grecque, il désigne la rate, siège de la bile noire qui était considérée comme responsable de la mauvaise humeur, d'une certaine langueur. Pour Baudelaire, le spleen est une fatalité qui s'attache à la condition humaine et rien ne peut en délivrer l'homme ( on se souvient des multiples remèdes que l'auteur a essayé de trouver, en vain, dans Les Fleurs du Mal ).

Poème LXXVIII des Fleurs du Mal : SPLEEN ( dernier poème d'un groupe de 4 ayant le même titre)

" Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,

Et que de l'horizon embrassant tout le cercle

Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;


Quand la terre est changée en un cachot humide,

Où l'espèrance, comme une chauve-souris,

S'en va battant les murs de son aile timide

Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;


Quand la pluie étalant ses immenses traînées

D'une vaste prison imite les barreaux,

Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées

Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux


Des cloches tout à coup sautent avec furie

Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,

Ainsi que des esprits errants et sans patrie

Qui se mettent à geindre opiniâtrement.


- Et de longs crbillards, sans tambour ni musique,

Défilent lentement dans mon âme ; L'Espoir,

Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,

Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir."

Mais, s'il est vrai que les thèmes de l'ennui et de la ville sont récurrents dans l'ouvrage, on ne peut pour autant en conclure que Paris domine, au contraire, nombre de poèmes n'ont rien de spécifiquement parisien et Paris joue plus souvent le rôle de décor que celui de personnage.

Le titre retenu est-il contestable ? Qu'importe. Il ne trahit pas Baudelaire ; il a le mérite de retenir le point commun entre tous les poèmes : leur forme.

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MessageSujet: Re: Les fleurs du mal de Charles Baudelaire   Dim 25 Mai 2008 - 5:30

LECTURE DU RECUEIL

Il est plus difficile de se repérer dans un recueil de poèmes que dans une oeuvre narrative. La difficulté est d'autant plus grande avec les Petits poèmes en prose qu'il n'y a pas de véritable ordre. Néanmoins, pour vous préparer à l'épreuve écrite ( la dissertation littéraire peut avoir pour sujet la poésie au XIXème siècle), il est nécessaire que vous maîtrisiez bien le contenu de l'oeuvre de Baudelaire. Ce contrôle de lecture a pour but de vous aider à vérifier que vous connaissez le contenu du recueil. Vous pouvez le faire une première fois avec le support de la table des matières.

1 : Dates de Baudelaire

2 : Date du recueil Poèmes en prose

3 : Dates de publication des Fleurs du mal

4 : Nombre de poèmes en prose ?

5 : Citez 3 poèmes en prose qui ont fait l'objet d'un poème en vers.

6 : Citez 5 grands thèmes que l'on trouve dans le recueil et donnez un exemple de poème pour chacun d'eux.

7 : La plupart des poèmes mettent en scène le "je" du poète : quels sont se différents rôles ?

8 : Donnez 4 caractéristiques formelles du poème en prose.

9 : Voici des phrases extraites de différents poèmes : donnez le titre du poème auquel chaque phrase appartient :

a) : " [...] Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi !"

b) " Il n'est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est une art..."

c) : " [...] Partout la joie, le gain, la débauche ; partout la certitude du pain pour les lendemains ; [...] Ici la misère absolue, la misère affublée... de haillons comiques, où la nécessité, bien plus que l'art, avait introduit le contraste."

d) : " [...] Le morceau de pain avait disparu, et il était éparpillé en miettes semblables aux grains de sable auxquels il était mêlé."

e) : " [...] Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs."

f) : " [...] et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur."

g) : [...] Enfin mon âme fait explosion et sagement elle me crie : " N'importe où ! N'importe où ! pourvu que ce soit hors de ce monde ! "

h) : " [...] Les formes élancées des navires, au gréément compliqué, auxquels la houle inspire des oscillations harmonieuses servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté."

10 : Quel est l'autre titre du recueil ? Sur quel aspect de l'oeuvre met-il l'accent ?

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MessageSujet: Re: Les fleurs du mal de Charles Baudelaire   Dim 25 Mai 2008 - 5:30

REPONSES AU CONTROLE DE LECTURE

1) 1821-1867

2) 1862

3) 1857 ; 1861

4) 50 poèmes

5) " Un hémisphère dans une chevelure" / La chevelure dans Les fleurs du mal

" L'invitation au voyage"

" Le crépuscule du soir"

6) Les cinq grands thèmes qui sont récurrents dans le recueil de Baudelaire sont :

- Les pauvres : "Les veuves" ; "Le vieux saltimbanque" ; "Les yeux des pauvres"

- Les enfants : "Le joujou du pauvre" ; " Le gâteau"

- La ville : " Les foules" ; " A une heure du matin"

- Le temps : " l'horloge" ; " La chambre double" ; " Déjà"

- La femme : " Laquelle est la vraie" ; " La belle dorothée" ; " Portraits de maîtresses"

7) Les différents rôles du "je" du poète sont :

- La confession lyrique ( "le "confiteor" du poète")

- Le spectateur témoin ( " le vieux saltimbanque")

- L'observateur ( "le gâteau")

- Le commentateur ( "les veuves")

- L'acteur

8) La briéveté, le titre, la disposition en paragraphes, l'absence de vers et de strophes sont des caractéristiques évidentes du poèmes en prose ( mais ce ne sont pas les seules. )

9) a) : "Le"confiteor" de l'artiste" ; b) : "Les foules" ; c) : "Le vieux saltimbanque" ; d) : le gâteau" ; e) : " un hémisphère dans une chevelure" ;

f) : " Le joujou du pauvre" ; g) : "Any Where Out of the World" ; h) : "Le port"

10) : " Le spleen de Paris" : ce titre met l'accent sur un des thèmes de l'oeuvre tandis que "poème en prose" met en évidence la particularité générique

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MessageSujet: Re: Les fleurs du mal de Charles Baudelaire   Dim 25 Mai 2008 - 5:31

LE POETE : UN " JE " AUX RÔLES MULTIPLES



REGARD SUR SOI

" JE " LYRIQUE

Dans les "Poèmes en prose", Baudelaire se livre à une introspection et il confie au lecteur ses réflexions sur le Temps, ce monstre que l'homme ne peut tuer ( Le Galant Tireur), sur Les problèmes de la création artistique ( Le confiteor de l'artiste) ; il exprime ses émotions quant à ses amours ( L'invitation au Voyage , un hémisphère dans une Chevelure), ) à ses rêves et ses deceptions ( La Chambre double), à ses aspirations ( La solitude, Le crépuscule du soir, A une heure du matin) ; il évoque des souvenirs ( Déjà) ; il implore l'aide de Dieu ( A une heure du matin) ; il dialogue avec son âme ( Any Where Out Of the World). L'angoisse existentielle du poète est très clairement exprimée dans ce poème et fait écho au "Confiteor" de l'Artiste . En fait, ces deux poèmes nous éclairent sur le tragique de la condition du poète qui souffre de ne pouvoir accéder à un idéal dans sa création et pour qui le monde devient un étranger.

Cet aspect de la poèsie a été évoqué dans la partie qui étudie la diversité des poèmes en prose.

REGARD SUR LES AUTRES

" UN OEIL EXPERIMENTE NE S'Y TROMPE JAMAIS. DANS CES TRAITS RIGIDES OU ABATTUS, DANS CES YEUX CAVES ET TERNES, OU BRILLANTS DES DERNIERS ECLAIRS DE LUTTE, DANS CES RIDES PROFONDES ET NOMBREUSES, DANS CES DEMARCHES SI LENTES OU SI SACCADEES? IL DECHIFFRE TOUT DE SUITE LES INNOMBRABLES LEGENDES DE L'AMOUR TROMPE, DU DEVOUEMENT MECONNU, DES EFFORTS NON RECOMPENSES, DE LA FAIM ET DU FROID HUMBLEMENT, SILENCIEUSEMENT SUPPORTES." ( Les Veuves)

Baudelaire souligne l'acuité du regard du poète qui sait lire par delà les mots et qui déchiffre les regards, les gestes et les attitudes ; il n'est plus le poète qui n'a pour seul horizon que lui-même et pour seul motif d'inspiration son moi et tout son cortège de bonheurs et de malheurs. Dans le recueil en prose, Baudelaire tourne son regard vers les autres, les plus malheureux que lui, " VERS TOUT CE QUI EST FAIBLE, RUINE, CONTRISTE, ORPHELIN". Dés lors, on peut parler d'inspiration sociale d'autant que le regard de Baudelaire n'est pas celui d'un voyeur curieux mais celui d'un observateur qui dénonce les inégalités et les injustices. Par ailleurs, il donne à " ces éclopés de la vie" une importance certaine et les fait accéder à l'immortalité par la création artistique. Juste revanche de ce saltimbanque méprisé, délaissé, de cet enfant qui pour toute distraction n'a qu'un rat vivant, de cette vieille dont on refuse l'affection, de ce père qui promène sa misère le long des trottoirs opulents.

" JE " SPECTATEUR / TEMOIN

Dans Le Vieux Saltimbanque, Baudelaire joue d'abord le rôle d'un observateur extérieur, témoin d'une scène un jour de fête. Il présente tour à tour la foule en liesse et le saltimbanque, seul, dans un recoin. De même dans Les Veuves ou encore dans Les yeux des Pauvres Mais, s'il n'est pas vraiment acteur de la scène, il la commente tandis que dans Les Vocations,( ou encore dans Le Joujou du Pauvre) Baudelaire est un témoin totalement extérieur et seuls les enfants ont la parole.

" JE " ACTEUR

Baudelaire joue un rôle à part entière dans par exemple Le Gâteau où il raconte le souvenir ( fictif ou réel) de la rencontre par hasard d'un enfant affamé et malgré lui, il sera le témoin muet et passif d'un combat fratricide dont l'enjeu est une tranche de pain. Dans Le Mauvais Vitrier, il sera l'acteur principal de cet acte impulsif dont le vitrier sera la victime.

" JE " PORTE-PAROLE DES PAUVRES et DES DELAISSES

Cet aspect a été étudié dans le parcours thématique

Baudelaire "philanthrope" ? alors que certains poèmes ( A une heure du matin, La Solitude) inviteraient plutôt à conclure à la misanthropie du poète ? Qu'importe. Ce qui compte c'est cette espèce de communion avec ses semblables, même si l'origine de leur misère diffère, ils sont rejetés, incompris, ignorés, dédaignés. " Même riches ils sont pauvres", cette formule empruntée à Jacques Brel caractérise l'enfant riche du Joujou du Pauvre et la veuve, noble et belle qui se mêle à " la foule des parias" ( Les Veuves) : La solitude engendrée par l' absence d'amour ne peut être adoucie par l'abondance matérielle. Les expressions " universellement sympathique" ( Les Veuves), " universelle communion" ( Les foules) témoignent de cette compassion sincère de l'auteur.

" JE" SATIRIQUE

Baudelaire porte un regard critique sur la société de son époque, il remet en cause une société basée sur le conformisme et les inégalités. A cet égard, certains poèmes prennent des allures de pamphlets tant par le ton que par le lexique.

Satire des riches dont le spectacle n'offre qu'une " turbulence dans le vide" ( Les Veuves) ; dont la générosité est feinte puisque le mendiant n'est gratifié que d'une fausse pièce ( La Fausse Monnaie) .

Satire des moralistes utopistes , " ces entrepreneurs de bonheur public" dont les propos livresques ne sont qu'"élucubrations" ( Assommons les pauvres)

Satire des turbulents et des bavards, cette "race jacassière" ( La Solitude) qui ne sait respecter la solitude des autres.

Satire du public dédaigneux ( Le Chien et le Flacon ; Le Vieux saltimbanque)

Satire du style académique garant du bon goût et du conformisme et qui exclut et rejette toute originalité : " Arrière la muse académique ! Je n'ai que faire de cette vieille bégueule" ( Les Bons Chiens)

" JE " MORALISATEUR

Nous avons remarqué que certains poèmes étaient proches de la fable ou de la parabole ( diversité des poèmes) et de fait on peut dégager certains principes moraux :

Il faut être honnête avec soi-même et ne pas pactiser avec l'hypocrisie : Baudelaire se sent honteux de s'être livré au jeu de l'hyposcrise sociale dans A une heure du matin, et c'est moins la fausse pièce qu'il reproche à son compagnon que l'hypocrisie de son geste : " On n'est jamais excusable d'être méchant, mais il y a quelque mérite à savoir qu'on l'est ; et le plus irréparable des vices est de faire le mal par bêtise" ( La fausse Monnaie) ( c'est une façon aussi de justifier son attitude à l'égard du Mauvais Vitrier)

Il ne faut pas se renier et se vendre pour une quelconque promesse de gloire et d'éternité ( Les Tentations ou Eros, Plutus et la Gloire )

Il fait être généreux et savoir partager ( Le gâteau)

Il faut respecter autrui : " Que faire ? A quoi bon demander quelle curiosité, quelle merveille il avait à montrer... derrière son rideau déchiqueté ? ....Je craignais de l'humilier." ( Le vieux Saltimbanque)

Cetrains personnages mis en scène ont une attitude exemplaire : c'est le cas de La Belle Dorothée qui se prostitue pour sauver et racheter sa jeune soeur ; c'est le cas aussi de cet enfant riche qui est attiré par cet autre enfant sale et pauvre, qui ne le juge pas et qui au contraire lui confère une importance capitale en enviant son " rat vivant" et en lui souriant" ( Le Joujou du Pauvre)

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MessageSujet: Re: Les fleurs du mal de Charles Baudelaire   Dim 25 Mai 2008 - 5:32

QU'EST-CE QU'UN POEME EN PROSE ?

I ALOYSIUS BERTRAND

II BAUDELAIRE

III POEME EN VERS, POEME EN PROSE

IV LA DIVERSITE DES POEMES

copie d'un manuscrit de Baudelaire

ALOYSIUS BERTRAND

LOUIS-JACQUES-NAPOLEON BERTRAND ( 1807-1841), fervent admirateur du Moyen-Age, est l'auteur de Gaspard de la nuit , recueil de poèmes en prose publiés un an après sa mort en 1842. Le sous-titre de l'oeuvre Fantaisies à la manière de Rembrandt et de Jacques Callot est éloquent quant au but que Bertrand confère à son écriture. En effet, il fait référence précisément aux gravures de ces deux artistes du dix-septième siècle ( Rembrandt : 1606-1669 ; Callot : 1592-1635) lesquelles gravures expriment les fantaisies de l'imagination de leurs auteurs.Le dictionnaire donne pour définition du terme : " Oeuvre d'imagination dans laquelle la création artistique n'est pas soumise à des règles formelles. De plus, en langage musical, le terme "fantaisie" désigne un morceau de forme libre ( Fantaisie chromatique en ré mineur de J.S Bach.

De fait Aloysius avait le sentiment d' écrire quelque chose de nouveau,de la poésie sans pour autant être des poèmes codifiés et identifiables comme tels. La mort prématurée de l'auteur laissera en suspens cette nouvelle écriture poétique mais Baudelaire, quelques années plus tard, lui rendra hommage et se déclarera son héritier : " C'est en feuilletant, pour la vingtième fois au moins, le fameux Gaspard de la nuit, d'Aloysius Bertrand (...) , que l'idée m'est venue de tenter quelque chose d'analogue, et d'appliquer à la description de la vie moderne, [...] le procédé qu'il avait appliqué à la peinture de la vie ancienne, si étrangement pittoresque."

ONDINE

" Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes soeurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! "

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse, décapitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

BAUDELAIRE

Dans une lettre à sa mère, en 1865, Baudelaire écrit : (...] J'espère que je réussirai à produire un ouvrage singulier, plus singulier, plus volontaire désormais que Les Fleurs du Mal, où j'associerai l'effrayant avec le bouffon, et même la tendresse avec la haine." (c'est moi qui souligne)

Dans cette confidence, le poète met déjà en évidence une des caractéristiques du poème en prose à savoir la rupture de tons, le mélange des thèmes : l'absence d'unité.

En effet dans " Les yeux des pauvres" Baudelaire dit à la fois toute la tendresse qu'il éprouve pour ce père et ses enfants :" [...] j'étais attendri par cette famille d'yeux [...]" et toute l'indifférence, voire le dégoût de sa compagne face à ce spectacle de la misère : " [...] Vous me dites " Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères". La métaphore d'une part, la comparaison péjorative d'autre part, exprime l'antagonisme du poète et de sa compagne.

Dans " Le chien et le Flacon", Baudelaire fait la satire de ce maître qui offre à son chien un parfum luxueux, décrit l'effroi du chien face à ce cadeau qui le répugne et traite sur le mode burlesque la réaction du maître qui refuse de comprendre le refus de son chien :

" - Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d'excréments, vous l'auriez flairé avec délices et peut-être dévoré"

Un journaliste, dans un article sur les petits poèmes en prose , en soulignant le mélange des tonalités, corrobore les propos de la lettre de Baudelaire : " L'idéal et le trivial se fondent dans un amalgame inséparable"

THEDORE DE BANVILLE ( 1823-1891) , soucieux avant tout de technique, persuadé que "la rime est tout dans le vers", défendait son attachement à la forme et au rythme dans son " Petit recueil de poésie française " et affirmait "vouloir enfermer ses idées dans une forme parfaite et précise". Pourtant, il salua les "Petits poèmes en prose" avec enthousiasme et fit l'éloge de cette nouvelle écriture poétique :

" Un véritable événement littéraire a eu lieu : je veux parler de la publication des poëmes en prose de Charles Baudelaire [...] Ces courts chefs-d'oeuvre, artistement achevés, où, dégagés de toute intrigue, et, pour ainsi dire, de toute construction matérielle, la pensée libre, agile, apparaît dans sa nudité éclatante [...] Voici mille ans qu'on nous répète avec pitié : " Que seriez-vous sans le vers, sans le rythme, sans la rime, sans ces enchantements tout matériels [...] Eh bien ! les poëmes en prose de Baudelaire répondent à cela encore ; ôtez au poète le vers et la lyre, mais laissez-lui une plume ; ôtez-lui cette plume et laissez-lui la voix ; ôtez-lui la voix et laissez-lui le geste ; ôtez-lui le geste, attachez ses bras, mais laissez-lui la faculté de s'exprimer par un clin d'oeil, il sera toujours le poète, le créateur et, s'il ne lui est plus permis que de respirer, sa respiration créera quelque chose. Ô fous bizarres de vous imaginer que c'est à un certain balencement de syllabes, à une suspension du sens, au retour régulier de certains sons qu'a été donné la privilège d'enfanter des êtres.[...] ( c'est moi qui souligne)

Dans cet éloge, Banville, en affirmant que l'absence de contraintes formelles libère la pensée, laisse supposer que les codes de la forme diversifiée sont des carcans qui garrottent le génie créateur. Il accuse même, à la fin de cet extrait, certains critiques d'étroitesse d'esprit pour n'appeler "poésie" que ce qui est conforme à la norme canonique générique.

Par ailleurs, l'image du poète dépouillé de tout moyen matériel nécessaire à l'écriture explique que la création poétiquepeut s'affranchir de tout artifice.

Dans sa dédicace à Arsène HOUSSAYE ( 1814-1896), directeur de la revue " l'Artiste", Baudelaire donne sa propre définition du poème en prose :

"Quel est celui d'entre nous qui n'a pas, dans ses jours d'ambition, rêvé le miracle d'une prose poétique, musicale sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s'adapter aux mouvements lyriques de l'âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience." ( c'est moi qui souligne)

" L'ambition" évoquée par Baudelaire précise que le travail d'écriture du poème en prose est plus difficile que celui du poème en vers.

"Le miracle" insiste sur l'effet extraordinaire ( au sens étymologique) produit par le poème en prose.

Par ailleurs la définition qu'il propose repose sur deux paradoxes.

le premier définit une poésie " musicale sans rythme et sans rime". S'il est, de fait, évident que la rime n'est pas le critère unique de la musicalité d'un poème, l'absence de rythme nous interpelle davantage. En fait Baudelaire fait référence aux rythmes canoniques du vers et au rôle de la césure, voire au retour régulier de la strophe. dés lors, dans le poème en prose, c'est le volumeet la cadence de la phrase, le jeu sur les sonorités,l'agencement des paragraphes qui conféreront un ryhme particulier.

Le second paradoxe parle d'une prose "assez souple et assez heurtée", c'est-à-dire d'une écriture sans unité, au contraire, elle sera ambivalente. Tantôt fluide, tantôt saccadée, elle se modulera selon les différents motifs évoqués. Dans la lettre à sa mère, nous avons constaté que Baudelaire privilégiait le mélange des tons et des thèmes dans un seul et même poème. Dés lors, il est évident que la diversité, voire la rupture des rythmes est le corollaire des évocations diverses. Un même poème peut réunir dans une harmonie nouvelle "les mouvements lyriques de l'âme", les ondulations de la rêverie" et les soubresauts de la conscience".

POEME EN VERS, POEME EN PROSE : DES OUTILS DE LECTURE DIFFERENTS

L'étude d'un poème en vers diffère de celle d'un poème en prose. En refusant la forme versifiée comme seul critère d'identification du poème, Baudelaire va user de toutes les ressources du langage pour faire de ce qui, à première vue, apparaît comme un texte en prose, un texte poétique.

En abandonnant les contraintes formelles de la strophe,les contraintes de la prosodie( la rime, le mètre), le poète s'offre un espace de liberté et de souplesse qui libère l'expression. Dés lors, l'écriture poétique peut s'adapter plus aisément aux méandres de la pensée et de l'inspiration sans pour autant la laisser "délirer" n'importe comment.

Le poème en prose n'est pas que de la prose poétique, il obéit à des règles, souples et modulables. Forme brève, identifiable par un titre qui évoque, le plus souvent, le thème dominant, le poème en prose répond à une structure en paragraphes qui s'articulent logiquement , il use de toutes les ressources de la musicalité du langage ( assonnances, allitérations),de la ponctuation, du rythme et de la longueur des phrases, des figures de sens ou tropes ( métaphores, allégories, comparaisons, gradations, métonymies, synecdoques, périphrases, antonomases...) des figures de la pensée (antiphrases, hyperboles, litotes, euphémismes...), des figures d'énonciation ( l'apostrophe, la prosopopée...), des figures de construction ( la symétrie, le chiasme, l'antithèse, l'asyndète, l'ellipse, la parataxte...), des figures de répétition ( l'anaphore, l'épanalepse...) : lire, comprendre et expliquer un poème en prose c'est : écouter et regarder. Prenons un exemple :

" Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur" Dans ce paragraphe qui conclut " le joujou du pauvre", Baudelaire insiste sur la réciprocité en ayant recours à la redondance en employant la forme pronominale du verbe "rire", les pronoms "l'un, l'autre" et l'adverbe fraternellement. Par ailleurs, l'adjectif numéral "deux", l'adverbe "fraternellement", l'adjectif qualificatif " égale" ( souligné par l'auteur par sa graphie en italique), mettent en évidence non seulement la ressemblance des deux enfants mais leur quasi gémellité par delà les différences sociales. Le détail pittoresque de la blancheur des dents précise l'innocence et la candeur du monde des enfants qui ignore encore les différences entre les hommes. Enfin, l' assonnance en [an], les allitérations en [l] et en [d] confèrent à la phrase un rythme fluide qui traduit l'insouciance et la gaieté des enfants.

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MessageSujet: Re: Les fleurs du mal de Charles Baudelaire   Dim 25 Mai 2008 - 5:33

En résumé : pour étudier un poème en vers comme pour étudier un poème en prose il faut être attentif :

- au titre du poème

- aux sonorités et aux ryhmes

- aux figures de sens, de la pensées, d'énonciation, de construction, de la répétition

pour étudier un poème en prose il faut aussi considérer la particularité de sa structure :

- les paragraphes ( nombre et longueur)

- les articulations logiques

- la longueur des phrases

pour étudier un poème en vers il faut aussi prendre en compte :

- sa forme ( fixe, régulière, libre)

- la longueur des strophes ( distique, quatrain, quintil...)

- le (les) mètre(s) utilisé(s) ( alexandrin, décasyllabe, pentamètre...)

- les rimes ( riches, pauvres, suffisantes) et leur agencement ( croisées, suivies, embrassées)

- le rythme des vers ( binaire, ternaire...)



Voici deux poèmes de Baudelaire dont le thème est identique mais l'un est en vers, l'autre est en prose : il ne s'agit pas de faire une étude comparative des deux poèmes mais de mettre en évidence la spécificité de chaque écriture.

La chevelure( 1859)

Un hémisphère dans une chevelure ( 1857)

1 Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !                                    1 Laisse-moi respirer longtemps,                                                                                                                longtemps, l'odeur de

2 Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !                                 tes cheveux, y plonger tout mon                                                                                                                visage, comme un

3 Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure                          homme altéré dans l'eau d'une                                                                                                                source, et les agiter avec

4 Des souvenirs dormant dans cette chevelure,                               ma main comme un mouchoir                                                                                                                odorant, pour secouer

5 Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !                                    des souvenirs dans l'air.

2 Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que

6 La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, je sens !                tout ce que j'entends dans tes                                                                                                                cheveux ! Mon âme

7 Tout un monde lointain, absent, presque défunt,                     voyage sur le parfum comme                                                                                                                l'âme des autres

8 Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !                                          hommes sur la musique.

9 Comme d'autres esprits voguent sur la musique,                                    3 Tes cheveux contiennent tout un                                                                                                                rêve, plein de voilures

10 Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum. et de mâtures,     ils contiennent des grandes mers                                                                                                               dont les moussons

me portent vers de charmants climats, où l'espace

11 J'irai là-bas où l'arbre et l'homme,                                                      plein de sève, est plus beau et plus                                                                                                               profond, où l'atmosphère

12 Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;                          est parfumée par les fruits, par les                                                                                                              feuillages

13 Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève ;                                      et par la peau humaine.

14 Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve                         4 Dans l'océan de ta chevelure,                                                                                                              j'entrevois un port

15 De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :                               fourmillant de chants mélancoliques,                                                                                                            d'hommes vigoureux

                                                    de toutes nations et de navires de toutes formes

16 Un port retentissant où mon âme peut boire                          découpant leurs architectures fines                                                                                                            et compliquées

17 A grands flots le parfum, le son et la couleur                              sur un ciel immense où se prélasse                                                                                                            l'éternelle chaleur.

18 Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire                        5 Dans les caresses de ta chevelure,                                                                                                            je retrouve

19 Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire          les langueurs des longues heures                                                                                                           passées sur un divan

20 D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.                               dans la chambre d'un beau navire,                                                                                                           bercées par le roulis

                                                                                                         imperceptible du port, entre les pots                                                                                                          de fleurs et

21 Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse                                       les gargoulettes rafraîchissantes.

22 Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;                                   6 Dans l'ardent foyer de ta chevelure,                                                                                                          je respire l'odeur

23 Et mon esprit subtil que le roulis caresse                                      du tabac mêlé à l'opium et au sucre ;                                                                                                          dans la nuit de ta chevelure,

24 Saura retrouver, ô féconde paresse !                                  je vois resplendir l'infini de l'azur                                                                                                          tropical ; sur les rivages duvetés

25 Infinis bercements du loisir embaumé !                                         de ta chevelure, je m'enivre des odeurs                                                                                                         combinées du goudron,

                                                                                                        du musc et de l'huile de coco.

26 Cheveux bleus, pavillons de ténèbres tendues,                    7 Laisse-moi mordre longtemps tes                                                                                                         tresses lourdes et noires,

27 Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond        Quand je mordille tes cheveux                                                                                                            élastiques et rebelles,

28 Sur les bords duvetés de vos mèches tordues                     il me semble que je mange des                                                                                                            souvenirs.

29 Je m'enivre ardemment des senteurs confondues

30 De l'huile de coco, du musc et du goudrons.


31 Longtemps ! Toujours ! ma main dans ta crinière lourde

32 Sémera le rubis, la perle et le saphir,

33 Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !

34 N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde

35 Où je hume à longs traits le vin du souvenir.

Code des couleurs :

en vert : les idées communes aux deux poèmes

en bleu foncé : les différentes expressions pour désigner la chevelure

en rose : la reprise de la même formule pour ouvrir et clore le poème

en violet :le reprise anaphorique de "dans"

en rouge : les idées particulières au poème en prose

en bleu : les idées particulières au poème en vers

Commentaire

Dans le poème en vers, Baudelaire s'adresse à la chevelure tandis que dans le poème en prose, il s'adresse à la femme aimée ; cette différence de destinataire explique la différence de titres .

Sept quintils composent le poème en vers et sept paragraphes de longueur inégale forment le poème en prose : la structure formelle est différente mais pour autant on ne peut conclure à une progression différente. En effet, chaque strophe comme chaque paragraphe contient une unité de sens : strophe 1: le thème du souvenir : point de départ : l'odeur de la chevelure paragraphe 1: le thème du souvenir : point de départ : l'odeur de la chevelure
strophe 2 : le thème du voyage : point de départ : le parfum de la chevelure. paragraphe 2 : le thème du voyage : point de départ : le parfum de la chevelure.
strophe 3 :évocation de la destination du voyage : un pays éxotique, par delà les mers, chaleur et pureté des hommes. paragraphe 3 : le thème du pays rêvé : rêve de mer, d'espaces infinis, de soleil, de senteurs, de parfums.
strophe 4 : le thème du port paragraphe 4 : le thème du port
strophe 5 :le thème du bien-être ; le bercement de la mer paragraphe 5 : le thème du bien-être, le bercement de la mer.
strophe 6 : Une symphonie de parfums paragraphe 6 :une symphonie de parfums
strophe 7 : le thème du souvenir contenu dans la chevelure paragraphe 7 :le thème du souvenir contenu dans la chevelure.


Force est de constater que les deux poèmes suivent une progression identique : Le parfum de la chevelure de la femme aimée est le point de départ d'un voyage mental dans une île exotique où la chaleur, les musiques, les parfums, les hommes, la nature sont en harmonie et offrent au poète un bien-être total.

Ce n'est pas donc pas dans le contenu du poème qu'il faut lire la spécificité de chaque écriture mais dans la forme et surtout dans le style. Par exemple,dans le poème en prose, on peut constater que c'est la reprise anaphorique de "dans", qui met en évidence la progression thématique ; la forme impérative " laisse-moi" au début et à la fin du poème insiste sur l'unité du poème ( la boucle est bouclée). Par ailleurs, le texte en prose est plus précis dans la description que dans le poème en vers : les références olfactives sont plus nombreuses ( tabac, opium, sucre, goudron, musc et coco) mais le poème en vers use davantage de la métaphore filée de la mer ou de la forêt pour désigner la chevelure et la synesthésie peut se lire aussi à la rime des vers 8 et 9 ( aromatique/ musique)....
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MessageSujet: Re: Les fleurs du mal de Charles Baudelaire   Dim 25 Mai 2008 - 6:11

LA DIVERSITE DES POEMES

Selon les types de texte

Poèmes narratifs

Certains poèmes racontent une histoire et obéissent à un parfait schéma narratif. Prenons parexmple le poème VI, Chacun sa Chimère : Situation initiale : le poète se promène dans une plaine ; élément perturbateur : le poète rencontre des hommes courbés sous le poids d'une chimère ; actions : un dialogue s'engage entre le poète et les hommes pour connaître leur but ; situation finale : le poète renonce à comprendre et laisse s'éloigner les hommes. Certains poèmes, tel, Mademoiselle Bistouri, sont presque des nouvelles.

Les anecdotes personnelles ou entendues sont le plus souvent à l'origine des poèmes : c'est la rencontre par hasard d' Un Plaisant, un soir de nouvel an ; c'est le récit d'une aventure désagréable vécue par Le mauvais Vitrier....

Poèmes descriptifs

Beaucoup moins nombreux que les précedents, les poèmes descriptifs concernent tantôt un lieu, Le Port, tantôt une femme, La Belle Dorothée, Un cheval de race, tantôt un objet, par exemple les jouets dans Le Joujou du pauvre

Il convient de noter que certains poèmes sont narratifs et descriptifs tel Le Gâteau.

Un cas particulier : lepoème inaugural : L'Etranger qui est un court dialogue entre un "je" non identifiable et un homme étranger à toutes les valeurs communément reconnues ( la famille, la patrie, l'argent, les critères esthétiques).

Selon les finalités du poème :

Poèmes appartenant au genre didactique

Il s'agit de contes, de fables voire de paraboles, c'est-à-dire des récits allégoriques au service d'une morale. Dans Les Dons des Fées, le poète dénonce la cupidité et le matérialisme de l'homme ; dans Le Chien et Le Flacon, le chien représente le public dédaigneux de l'art ; Les Bons chiens, est un poème qui use de la symbolique animale pour dénoncer le conformisme humain et exalter la marginalité de l'artiste

Poèmes appartenant au genre épidictique

L'éloge : Le poème XXIII est un véritable éloge de la solitude , Le crépuscule du Soir est un hymne à la nuit et à ses bienfaits ;

Le blâme : dans Les yeux des Pauvres, Baudelaire blâme et condamne la femme aimée pour son indifférence au malheur d'autrui.

Poèmes satiriques

Beaucoup de poèmes sont des satires : de l'esprit français qui se croit supérieur à tout et se permet de se moquer de tout ( Un Plaisant), de la femme qui toujours se plaint de son sort (La femme sauvage et la petite Maîtresse), des jugements de valeurs non fondés ( satire du gazetier qui ne sait goûter le silence et la solitude dans La Solitude) ; du public qui dédaigne ce qui beau ( Le Cuien et Le flacon) ( voir les différents rôles du poète)

Selon les registres

Registre lyrique C'est de loin le registre le plus important : en effet, la plupart des poèmes sont écrit à la première personne et expriment les sentiments, les pensées de Baudelaire.

Méditation : dans Le "Confiteor" de L'artiste, Baudelaire nous livre toute l'amertume qu'il ressent face à sa condition d'artiste. de même, dans A Une heure du Matin, il évoque les bienfaits de la solitude.

Réflexion philosophique sur l'absurdité de la vie de ces hommes qui, tel Sisyphe, ne savent où ils vont ni pourquoi ils avancent dans A Chacun sa Chimère ; sur la folie et ses raisons dans Le crépuscule du soir ;

Emotions pour Les Veuves, pour Le vieux Saltimbanque, pour ces deux enfants qui se disputent un morceaude pain ( le Gâteau) ou pour ces deux autres qui se regardent au travers d'une grille ( Le joujou du Pauvre)

Monologue intérieur dans Any Where Out Of the World poème dans lequel Baudelaire interroge son âme sur la meilleure destination à prendre pour trouver le repos.

Régistre pathétique

Tous les poèmes qui évoquent les pauvres, les délaissés, les mal-aimés, s'inscrivent dans le registre pathétique : le choix des mots, des images, des détails ont pour but d'agir sur le pathos du lecteur : ainsi, n'est-ce pas par hasard si Baudelaire insiste sur la misère matérielle du saltimbanque pour mieux mettre en évidence sa misère affective et morale

Registre tragique quand le poème exprime la fatalité de l'enfermement de l'homme dans une réalité qui le dépasse ou l'impossibilité de l'homme à vaincre une force qui le surpasse et dont il est la victime comme dans le poème La Chambre Double qui illustre la dictature souveraine du temps sur l'homme.

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