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 Marceline Desbordes-Valmore

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:17

L'âme errante

Je suis la prière qui passe
sur la terre où rien n' est à moi ;
je suis le ramier dans l' espace,
amour, où je cherche après toi.
Effleurant la route féconde,
glanant la vie à chaque lieu,
j' ai touché les deux flancs du monde,
suspendue au souffle de Dieu.
Ce souffle épura la tendresse
qui coulait de mon chant plaintif,
et répandit sa sainte ivresse
sur le pauvre et sur le captif.
Et me voici louant encore
mon seul avoir, le souvenir,
m' envolant d' aurore en aurore
vers l' infinissable avenir.
Je vais au désert plein d' eaux vives
laver les ailes de mon coeur,
car je sais qu' il est d' autres rives
pour ceux qui vous cherchent, seigneur !
J' y verrai monter les phalanges
des peuples tués par la faim,
comme s' en retournent les anges,
bannis, mais rappelés enfin...
laissez-moi passer, je suis mère ;
je vais redemander au sort
les doux fruits d' une fleur amère,
mes petits volés par la mort.
Créateur de leurs jeunes charmes,
vous qui comptez les cris fervents,
je vous donnerai tant de larmes
que vous me rendrez mes enfants !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:17

Tristesse

Au docteur Veyne.

Si je pouvais trouver un éternel sourire,
Voile innocent d'un coeur qui s'ouvre et se déchire,
Je l'étendrais toujours sur mes pleurs mal cachés
Et qui tombent souvent par leur poids épanchés.

Renfermée à jamais dans mon âme abattue,
Je dirais : " Ce n'est rien " à tout ce qui me tue ;
Et mon front orageux, sans nuage et sans pli,
Du calme enfant qui dort peindrait l'heureux oubli.

Dieu n'a pas fait pour nous ce mensonge adorable,
Le sourire défaille à la plaie incurable :
Cette grâce mêlée à la coupe de fiel,
Dieu mourant l'épuisa pour l'emporter au ciel.

Adieu, sourire ! Adieu jusque dans l'autre vie,
Si l'âme, du passé n'y peut être suivie !
Mais si de la mémoire on ne doit pas guérir,
À quoi sert, ô mon âme, à quoi sert de mourir ?

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:17

Refuge

Il est du moins au-dessus de la terre
Un champ d'asile où monte la douleur ;
J'y vais puiser un peu d'eau salutaire
Qui du passé rafraîchit la couleur.
Là seulement ma mère encor vivante
Sans me gronder me console et m'endort ;
O douce nuit, je suis votre servante :
Dans votre empire on aime donc encor !

Non, tout n'est pas orage dans l'orage ;
Entre ses coups, pour desserrer le coeur,
Souffle une brise, invisible courage,
Parfum errant de l'éternelle fleur !
Puis c'est de l'âme une halte fervente,
Un chant qui passe, un enfant qui s'endort.
Orage, allez ! je suis votre servante :
Sous vos éclairs Dieu me regarde encor !

Béni soit Dieu ! puisqu'après la tourmente,
Réalisant nos rêves éperdus,
Vient des humains l'infatigable amante
Pour démêler les fuseaux confondus.
Fidèle mort ! si simple, si savante !
Si favorable au souffrant qui s'endort !
Me cherchez-vous ? je suis votre servante :
Dans vos bras nus l'âme est plus libre encor

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:18

Que mon nom

Que mon nom ne soit rien qu' une ombre douce et vaine
Qu' il ne cause jamais ni l' effroi ni la peine !
Qu' un indigent l' emporte après m' avoir parlé
Et le garde longtemps dans son coeur consolé !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:18

La couronne effeuillée

J'irai, j'irai porter ma couronne effeuillée
Au jardin de mon père où revit toute fleur ;
J'y répandrai longtemps mon âme agenouillée :
Mon père a des secrets pour vaincre la douleur.

J'irai, j'irai lui dire au moins avec mes larmes :
" Regardez, j'ai souffert... " Il me regardera,
Et sous mes jours changés, sous mes pâleurs sans charmes,
Parce qu'il est mon père, il me reconnaîtra.

Il dira: " C'est donc vous, chère âme désolée ;
La terre manque-t-elle à vos pas égarés ?
Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée ;
Voici votre maison, voici mon coeur, entrez ! "

Ô clémence! Ô douceur! Ô saint refuge ! Ô Père !
Votre enfant qui pleurait, vous l'avez entendu !
Je vous obtiens déjà, puisque je vous espère
Et que vous possédez tout ce que j'ai perdu.

Vous ne rejetez pas la fleur qui n'est plus belle ;
Ce crime de la terre au ciel est pardonné.
Vous ne maudirez pas votre enfant infidèle,
Non d'avoir rien vendu, mais d'avoir tout donné.

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:18

Loin du monde

Entrez, mes souvenirs, ouvrez ma solitude !
Le monde m'a troublée ; elle aussi me fait peur.
Que d'orages encore et que d'inquiétude
Avant que son silence assoupisse mon coeur !

Je suis comme l'enfant qui cherche après sa mère,
Qui crie, et qui s'arrête effrayé de sa voix.
J'ai de plus que l'enfant une mémoire amère :
Dans son premier chagrin, lui, n'a pas d'autrefois.

Entrez, mes souvenirs, quand vous seriez en larmes,
Car vous êtes mon père, et ma mère, et mes cieux !
Vos tristesses jamais ne reviennent sans charmes ;
Je vous souris toujours en essuyant mes yeux.

Revenez ! Vous aussi, rendez-moi vos sourires,
Vos longs soleils, votre ombre, et vos vertes fraîcheurs,
Où les anges riaient dans nos vierges délires,
Où nos fronts s'allumaient sous de chastes rougeurs.

Dans vos flots ramenés quand mon coeur se replonge,
Ô mes amours d'enfance ! ô mes jeunes amours !
Je vous revois couler comme l'eau dans un songe,
Ô vous, dont les miroirs se ressemblent toujours !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:19

Renoncement

Pardonnez-moi, Seigneur, mon visage attristé,
Vous qui l'aviez formé de sourire et de charmes ;
Mais sous le front joyeux vous aviez mis les larmes,
Et de vos dons, Seigneur, ce don seul m'est resté.

C'est le mois envié, c'est le meilleur peut-être :
Je n'ai plus à mourir à mes liens de fleurs ;
Ils vous sont tous rendus, cher auteur de mon être,
Et je n'ai plus à moi que le sel de mes pleurs.

Les fleurs sont pour l'enfant ; le sel est pour la femme ;
Faites-en l'innocence et trempez-y mes jours.
Seigneur ! quand tout ce sel aura lavé mon âme,
Vous me rendrez un coeur pour vous aimer toujours !

Tous mes étonnements sont finis sur la terre,
Tous mes adieux sont faits, l'âme est prête à jaillir,
Pour atteindre à ses fruits protégés de mystère
Que la pudique mort a seule osé cueillir,

O Sauveur ! soyez tendre au moins à d'autres mères,
Par amour pour la vôtre et par pitié pour nous !
Baptisez leurs enfants de nos larmes amères,
Et relevez les miens tombés à vos genoux !

Que mon nom ne soit rien qu'une ombre douce et vaine,
Qu'il ne cause jamais ni l'effroi ni la peine !
Qu'un indigent l'emporte après m'avoir parlé
Et le garde longtemps dans son coeur consolé !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:20

La voix perdue

Ma fille Inès.


La Jeune Fille.

Ma mère, entendez-vous, quand la lune est levée,
L' oiseau qui la salue en veillant sa couvée ?
Ne fait-il pas rêver les arbres endormis ?
Pourquoi chante-t-il seul ! Il n' a donc pas d' amis ?


La Mère.

Il en a ! Des bannis il soulage la route ;
Dans tous ces nids couchés on le bénit sans doute.
Il parle à quelque mère humble et pareille à moi,
A quelque enfant sauvage et charmant comme toi.


La Jeune Fille.

Que je l' aime ! Avec nous que je voudrais le prendre !
Tout ce qu' il chante à Dieu que je voudrais l' apprendre !
Lui, s' il voulait venir, heureux dans notre amour,
Nous lui ferions aimer le monde et le grand jour.


La Mère.

Il mourrait. Son destin est d' être solitaire,
De jeter ses sanglots, libre, entre ciel et terre ;
D' attacher sa compagne, humble et pareille à moi,
A son doux nid sauvage et charmant comme toi.

On a dit qu' autrefois, au sein d' une famille,
Il vécut sous un front brûlant de jeune fille.
Cet être harmonieux aimait l' ombre et les fleurs ;
Nul ne pouvait l' entendre et retenir ses pleurs.
Rossignol, il chantait aux errantes étoiles ;
Jeune fille, il pleurait, dérobé sous ses voiles.


La Jeune Fille.

Et la mère ?

La Mère.
Etait tendre et fière autant que moi
De son enfant sauvage et charmant comme toi.


La Jeune Fille.

Après ? ...


La Mère.
De ce front pâle où frissonnaient ses ailes,
L' oiseau voulait sortir et s' envoler par elles.
Un jour, forçant le voile où gémissait sa voix,
Il emporta le timbre et s' enfuit dans les bois.


La Jeune Fille.

Après ? ...


La Mère.

L' enfant rêveur n' aima plus qu' en silence,
Cherchant toujours le saule où l' oiseau se balance.


La Jeune Fille.

Et la mère ?

La Mère.
Suivit, tendre et pareille à moi,
Son doux enfant muet et charmant comme toi.

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:20

L'absence

Quand je me sens mourir du poids de ma pensée,
Quand sur moi tout mon sort rassemble sa rigueur,
D' un courage inutile affranchie et lassée,
Je me sauve avec toi dans le fond de mon coeur !

Je ne sais ; mais je crois qu' à tes regrets rendue,
Dans ces seuls entretiens tu m' as bien entendue.
Tu ne dis pas : " ce soir ! " tu ne dis pas : " demain ! "
Non ! Mais tu dis : " toujours ! " en pleurant sur ma Main !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:21

On me l'a dit

Désirer sans espoir,
regarder sans rien voir,
se nourrir de ses larmes,
s' en reprocher les charmes,
s' écrier à vingt ans :
" que j' ai souffert longtemps ! "
perdre jusqu' à l' envie
de poursuivre la vie :
on me l' a dit un jour,
c' est le vrai mal d' amour.
S' arracher aux accents
que l' on écoute absents ;
mais, en fuyant l' orage,
détester son courage ;
trembler de se guérir,
le promettre... et mourir ;
voilà ce qu' on ignore,
quand on espère encore :
on me l' a dit un jour,
c' est le vrai mal d' amour.

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:21

Sans l'oublier

Sans l'oublier, on peut fuir ce qu'on aime.
On peut bannir son nom de ses discours,
Et, de l'absence implorant le secours,
Se dérober à ce maître suprême,
Sans l'oublier !

Sans l'oublier, j'ai vu l'eau, dans sa course,
Porter au loin la vie à d'autres fleurs ;
Fuyant alors le gazon sans couleurs,
J'imitai l'eau fuyant loin de la source,
Sans l'oublier !

Sans oublier une voix triste et tendre,
Oh ! que de jours j'ai vus naître et finir !
Je la redoute encor dans l'avenir :
C'est une voix que l'on cesse d'entendre,
Sans l'oublier !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:21

Regarde-le

Regarde-le, mais pas longtemps :
Un regard suffira, sois sûre,
Pour lui pardonner la blessure
Qui fit languir mes doux printemps.
Regarde-le, mais pas longtemps !

S'il parle, écoute un peu sa voix :
Je ne veux pas trop t'y contraindre ;
Je sais combien elle est à craindre,
Ne l'entendît-on qu'une fois :
S'il parle, écoute un peu sa voix !

Tais-toi, s'il demande à me voir.
J'ai pu fuir sa volage ivresse ;
Mais me cacher à sa tendresse,
Dieu n'en donne pas le pouvoir :
Tais-toi, s'il demande à me voir !

Si je l'accusais devant toi,
Appelle un moment son image ;
Avec le feu de son langage,
Défends-le par pitié pour moi,
Si je l'accusais devant toi !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:22

Le papillon malade

Apologue

Las des fleurs, épuisé de ses longues amours,
Un papillon dans sa vieillesse
(Il avait du printemps goûté les plus beaux jours)
Voyait d'un oeil chagrin la tendre hardiesse
Des amants nouveau-nés, dont le rapide essor
Effleurait les boutons qu'humectait la rosée.
Soulevant un matin le débile ressort
De son aile à demi-brisée :

" Tout a changé, dit-il, tout se fane. Autrefois
L'univers n'avait point cet aspect qui m'afflige.
Oui, la nature se néglige ;
Aussi pour la chanter l'oiseau n'a plus de voix.
Les papillons passés avaient bien plus de charmes !
Toutes les fleurs tombaient sous nos brûlantes armes !
Touchés par le soleil, nos légers vêtements
Semblaient brodés de diamants !
Je ne vois plus rien sur la terre
Qui ressemble à mon beau matin !
J'ai froid. Tout, jusqu'aux fleurs, prend une teinte austère,
Et je n'ai plus de goût aux restes du festin !
Ce gazon si charmant, ce duvet des prairies,
Où mon vol fatigué descendait vers le soir,
Où Chloé, qui n'est plus, vint chanter et s'asseoir,
N'offre plus qu'un vert pâle et des couleurs flétries !
L'air me soutient à peine à travers les brouillards
Qui voilent le soleil de mes longues journées ;
Mes heures, sans amour, se changent en années :
Hélas ! Que je plains les vieillards !

" Je voudrais, cependant, que mon expérience
Servît à tous ces fils de l'air.
Sous des bosquets flétris j'ai puisé ma science,
J'ai défini la vie, enfants : c'est un éclair !
Frêles triomphateurs, vos ailes intrépides
S'arrêteront un jour avec étonnement :
Plus de larcins alors, plus de baisers avides ;
Les roses subiront un affreux changement.

" Je croyais comme vous qu'une flamme immortelle
Coulait dans les parfums créés pour me nourrir,
Qu'une fleur était toujours belle,
Et que rien ne devait mourir.
Mais le temps m'a parlé ; sa sévère éloquence
A détendu mon vol et glacé mes penchants :
Le coteau me fatigue et je me traîne aux champs ;
Enfin, je vois la mort où votre inconséquence
Poursuit la volupté. Je n'ai plus de désir,
Car on dit que l'amour est un bonheur coupable :
Hélas ! D'y succomber je ne suis plus capable,
Et je suis tout honteux d'avoir eu du plaisir. "

Près du sybarite invalide,
Un papillon naissait dans toute sa beauté :
Cette plainte l'étonne ; il rêve, il est tenté
De rentrer dans sa chrysalide.

" Quoi ! Dit-il, ce ciel pur, ce soleil généreux,
Qui me transforme et qui me fait éclore,
Mon berceau transparent qu'il chauffe et qu'il colore,
Tous ces biens me rendront coupable et malheureux !
Mais un instinct si doux m'attire dans la vie !
Un souffle si puissant m'appelle autour des fleurs !
Là-bas, ces coteaux verts, ces brillantes couleurs
Font naître tant d'espoir, tant d'amour, tant d'envie !
Oh ! Tais-toi, pauvre sage, ou pauvre ingrat, tais-toi !
Tu nous défends les fleurs encor penché sur elles.
Dors, si tu n'aimes plus ; mais les cieux sont à moi :
J'éclos pour m'envoler, et je risque mes ailes ! "

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:23

L'amour

Vous demandez si l'amour rend heureuse ;
Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour.
Ah ! pour un jour d'existence amoureuse,
Qui ne mourrait ? la vie est dans l'amour.

Quand je vivais tendre et craintive amante,
Avec ses feux je peignais ses douleurs :
Sur son portrait j'ai versé tant de pleurs,
Que cette image en paraît moins charmante.

Si le sourire, éclair inattendu,
Brille parfois au milieu de mes larmes,
C'était l'amour ; c'était lui, mais sans armes ;
C'était le ciel... qu'avec lui j'ai perdu.

Sans lui, le coeur est un foyer sans flamme ;
Il brûle tout, ce doux empoisonneur.
J'ai dit bien vrai comme il déchire une âme :
Demandez-donc s'il donne le bonheur !

Vous le saurez : oui, quoi qu'il en puisse être,
De gré, de force, amour sera le maître ;
Et, dans sa fièvre alors lente à guérir,
vous souffrirez, ou vous ferez souffrir.

Dès qu'on l'a vu, son absence est affreuse ;
Dès qu'il revient, on tremble nuit et jour ;
Souvent enfin la mort est dans l'amour ;
Et cependant... oui, l'amour rend heureuse !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:23

Le rossignol aveugle

Pauvre exilé de l'air ! Sans ailes, sans lumière,
Oh ! Comme on t'a fait malheureux !
Quelle ombre impénétrable inonde ta paupière !
Quel deuil est étendu sur tes chants douloureux !
Innocent Bélisaire ! Une empreinte brûlante
Du jour sur ta prunelle a séché les couleurs,
Et ta mémoire y roule incessamment des pleurs,
Et tu ne sais pourquoi Dieu fit la nuit si lente !
Et Dieu nous verse encor la nuit égale au jour.
Non ! Ta nuit sans rayons n'est pas son triste ouvrage.
Il ouvrit tout un ciel à ton vol plein d'amour,
Et ton vol mutilé l'outrage !

Par lui ton coeur éteint s'illumine d'espoir.
Un éclair qu'il allume à ton horizon noir
Te fait rêver de l'aube, ou des étoiles blanches
Ou d'un reflet de l'eau qui glisse entre les branches
Des bois que tu ne peux plus voir !
Et tu chantes les bois, puisque tu vis encore.
Tu chantes : pour l'oiseau, respirer, c'est chanter.
Mais quoi ! Pour moduler l'ennui qui te dévore,
Sous le voile vivant qui te cache l'aurore,
Combien d'autres accents te faut-il inventer !

Un coeur d'oiseau sait-il tant de notes plaintives ?
Ah ! Quand la liberté soufflait dans tes chansons,
Qu'avec ravissement tes ailes incaptives
Dans l'azur sans barrière emportaient ses leçons !
Douce horloge du soir aux saules suspendue,
Ton timbre jetait l'heure aux pâtres dispersés ;
Mais le timbre égaré dans ta clarté perdue
Sonne toujours minuit sur tes chants oppressés.

Tes chants n'éveillent plus la pâle primevère
Qui meurt sans recevoir les baisers du soleil,
Ni le souci fermé sous le doigt du sommeil
Qui se rouvre baigné d'une rosée amère ;
Tu ne sais plus quel astre éclaire tes instants ;
Tu bois, sans les compter, tes heures de souffrance ;
Car la veille sans espérance
Ne sent pas la fuite du temps !

Tu ne vas plus verser ton hymne sur la rose,
Ni retremper ta voix dans le feu qui l'arrose.
Cette haleine d'encens, ce parfum tant aimé,
C'est l'amour qui fermente au fond d'un coeur fermé ;
Et ton coeur contre ta cage
Se jette avec désespoir ;
Et l'on rit du vain courage
Qui heurte ton esclavage
Sur un barreau sanglant que tu ne peux mouvoir.

Du fond de ton sépulcre un cri lent et sonore
Dénonce tes malheurs autre part entendus ;
Ton oeil vide s'ouvre encore
Pour saluer une aurore
Que l'homme n'éteindra plus !
Ce jour que l'esclave envie
Du moins changera son sort,
Et je sais trop de la vie,
Pour médire de la mort !

Chante la liberté, prisonnier ! Dieu t'écoute.
Allons ! Nous voici deux à chanter devant lui.
J'ai su dire ma joie, et je sais aujourd'hui
Ce qu'un son douloureux te coûte !
Chante pour tes bourreaux qui daignent te nourrir,
Qui t'ont ravi des cieux la flamme épanouie :
Tes cris font des accords, ton deuil les désennuie ;
Si ta douleur s'enferme, ils te feront mourir !
Chante donc ta douleur profonde,
Ton désert au milieu du monde,
Ton veuvage, ton abandon ;
Dis, dis quelle amertume affreuse
Rend la liberté douloureuse
Pour qui n'en sait plus que le nom !

Dis qu'il fait froid dans ta pensée,
Comme quand une voix glacée
Souffla sur le feu de mon coeur
Pour éteindre aussi la lumière
D'une espérance, - la première,
Que je prenais pour le bonheur !
Laisse ton hymne désolée,
Comme l'eau dans une vallée,
S'épancher sur tes sombres jours,
Et que l'espoir filtre toujours
Au fond de ta joie écoulée !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:23

Jeune homme irrité

Jeune homme irrité sur un banc d'école,
Dont le coeur encor n'a chaud qu'au soleil,
Vous refusez donc l'encre et la parole
À celles qui font le foyer vermeil ?
Savant, mais aigri par vos lassitudes,
Un peu furieux de nos chants d'oiseaux,
Vous nous couronnez de railleurs roseaux !
Vous serez plus jeune après vos études :
Quand vous sourirez,
Vous nous comprendrez.

Vous portez si haut la férule altière,
Qu'un géant plîrait sous son docte poids.
Vous faites baisser notre humble paupière,
Et nous flagellez à briser nos doigts.
Où prenez-vous donc de si dures armes ?
Qu'ils étaient méchants vos maîtres latins !
Mais l'amour viendra : roi de vos destins,
Il vous changera par beaucoup de larmes :
Quand vous pleurerez,
Vous nous comprendrez !

Ce beau rêve à deux, vous voudrez l'écrire.
On est éloquent dès qu'on aime bien ;
Mais si vous aimez qui ne sait pas lire,
L'amante à l'amant ne répondra rien.
Laissez donc grandir quelque jeune flamme
Allumant pour vous ses vagues rayons ;
Laissez-lui toucher plumes et crayons ;
L'esprit, vous verrez, fait du jour à l'âme :
Quand vous aimerez,
Vous nous comprendrez !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:24

Le soleil lointain

A Madame Marie D' Agoult

Quand vous m' avez écrit tout ce que femme ou mère
écrira de plus doux,
je me plaignais, madame, à cette vie amère :
je lui parlais de vous ;
de vous dont l' esprit pur, dont la grâce rêveuse,
dont les regards charmants
ont versé leurs rayons sur moi, pâle couveuse
d' immobiles tourments.
Triste, je demandais à la force voilée
qui nous plie à genoux,
pourquoi, presque divine, ô jeune âme étoilée,
vous pleurez comme nous.
" elle aussi, lui disais-je, elle aussi, sous ses roses,
sous ses longs cheveux d' or,
à l' heure où le sommeil assoupit toutes choses,
demande si l' on dort !
" elle aussi, quand la lune argente sa fenêtre,
cherche son heure au ciel,
et, quand tous les plaisirs semblent l' avoir fait
naître,
dit que naître est cruel.
" pourquoi souffler en nous, argile sans pensée,
la pensée et le jour,
pour nous détruire ainsi, l' âme à tout coup blessée
par la mort et l' amour ?
" ô vie ! ô fleur d' orage ! ô menace ! ô mystère !
ô songe aveugle et beau !
Réponds ! Ne sais-tu rien en passant sur la terre
que ta route au tombeau ?
-" ingrate, a dit la vie, à qui donc l' espérance,
fruit divin de ma fleur ?
Vous retournerez-vous vers un jour de souffrance,
dans l' éternel bonheur ?
" si vous n' entendez pas tant de voix éternelles,
que sert de vous parler ?
Vos pieds sont las, pliez ! Dieu vous mettra des
ailes,
et vous pourrez voler.
" de vos fronts consternés, mères inconsolables,
les cyprès tomberont,
quand pour vous emmener, messagers adorables,
vos enfants descendront.
" vos sanglots se perdront dans de longs cris de joie,
quand vous verrez la mort
bercer aux pieds de Dieu son innocente proie,
comme un agneau qui dort.
" la mort, qui reprend tout, sauve tout sous ses ailes ;
sa nuit couve le jour,
elle délivre l' âme, et les âmes entre elles
savent que c' est l' amour ! "
ainsi, madame, allons ! L' augure a trop de charmes
pour n' être pas certain :
allons ! Et dans la nuit tournons nos yeux en larmes
vers le soleil lointain !

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:24

Le voisin blessé

L' autre nuit, le voisin qui pleure
frappa pour me dire bonsoir :
" dormez, voisin, ce n' est plus l' heure ;
on n' y voit plus : il faut se voir.
Je suis vous le savez une pauvre orpheline ;
je n' ai d' autre gardien que la vierge divine. "
mais il reprit si tristement :
" au pécheur Dieu donne un moment
de grâce avant le châtiment ! ... "
il dit cela d' un ton si grave
que sa voix me troubla le coeur,
et qu' à ce blessé doux et brave
je répondis malgré ma peur :
" vous avez votre mère ; et moi, pauvre orpheline,
j' en vais demander une à la vierge divine.
Pourquoi dites-vous tristement :
au pécheur Dieu donne un moment
de grâce avant le châtiment ? ... "
" la grâce, c' est votre présence ! "
cria-t-il contre la cloison.
" le châtiment, c' est votre absence,
et le ciel, c' est votre maison !
Je suis l' heureux voisin de la jeune orpheline
qui demande une mère à la vierge divine ;
c' est pourquoi je dis tristement :
au pécheur Dieu donne un moment
de grâce avant le châtiment !
" car vous partez avec l' aurore,
et moi, blessé, je vais mourir... "
-" voisin, je ne pars pas encore
et si l' on pouvait vous guérir...
donnez-moi votre mère, et la pauvre orpheline
ne demandera rien à la vierge divine.
Ne dites donc plus tristement :
au pécheur Dieu donne un moment
de grâce avant le châtiment ! "

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:25

Le révail

Sur ce lit de roseaux puis-je dormir encore ?
Je sens l'air embaumé courir autour de toi ;
Ta bouche est une fleur dont le parfum dévore :
Approche, ô mon trésor, et ne brûle que moi.
Éveille, éveille-toi !

Mais ce souffle d'amour, ce baiser que j'envie,
Sur tes lèvres encor je n'ose le ravir ;
Accordé par ton coeur, il doublera ma vie.
Ton sommeil se prolonge, et tu me fais mourir :
Je n'ose le ravir.

Viens, sous les bananiers nous trouverons l'ombrage.
Les oiseaux vont chanter en voyant notre amour.
Le soleil est jaloux, il est sous un nuage,
Et c'est dans tes yeux seuls que je cherche le jour :
Viens éclairer l'amour.

Non, non, tu ne dors plus, tu partages ma flamme ;
Tes baisers sont le miel que nous donnent les fleurs.
Ton coeur a soupiré, viens-tu chercher mon âme ?
Elle erre sur ma bouche et veut sécher tes pleurs.
Cache-moi sous des fleurs.

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:26

La fleur renvoyée

Adieu, douce pensée,
image du plaisir !
Mon âme est trop blessée,
tu ne peux la guérir.
L' espérance légère
de mon bonheur
fut douce et passagère,
comme ta fleur.
Rien ne me fait envie,
je ne veux plus te voir.
Je n' aime plus la vie,
qu' ai-je besoin d' espoir ?
En ce moment d' alarme
pourquoi t' offrir ?
Il ne faut qu' une larme
pour te flétrir.
Par toi, ce que j' adore
avait surpris mon coeur ;
par toi, veut-il encore
égarer ma candeur ?
Son ivresse est passée ;
mais, en retour,
qu' est-ce qu' une pensée
pour tant d' amour ?

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:27

L'espoir

Je voudrais aimer autrement,
Hélas ! Je voudrais être heureuse !
Pour moi l'amour est un tourment,
La tendresse m'est douloureuse.
Ah ! Que je voudrais être heureuse !
Que je voudrais être autrement !

Vous dites que je changerai :
Comme vous je le crois possible,
Mon coeur ne sera plus sensible ;
Je l'espère, car je mourrai.
Oui ! Si la mort peut l'impossible,
Vous dites vrai, je changerai

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MessageSujet: Re: Marceline Desbordes-Valmore   Lun 28 Avr 2008 - 13:27

La fidèle

Si j'étais la plus belle
Comme la plus fidèle,
Je le serais pour toi !
Si j'étais souveraine,
Le roi de cette reine,
Tu le serais par moi !

S'il te prenait l'envie
De demander ma vie
Pour te faire un beau jour,
Cette vie ignorée,
À l'amour consacrée,
Tu l'aurais, mon amour !

Et si tu disais : " Donne
Beauté, vie et couronne,
Pour orner celle-là,
Cette seule que j'aime... "
À cet autre toi-même,
Je dirais : " Les voilà. "

Car s'il est doux de vivre
Pour s'attendre ou se suivre
Dans le même désir,
Pour une âme enflammée,
Vainement consumée,
Il est mieux de mourir.

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