Le Lycée Virtuel Marocain
Discuter, parler des oeuvres littéraires enseignées au Lycée marocain et partager ses idées
AccueilPortail*FAQRechercherS'enregistrerConnexion
Connexion
Nom d'utilisateur:
Mot de passe:
Connexion automatique: 
:: Récupérer mon mot de passe
Qui est en ligne ?
Il y a en tout 1 utilisateur en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 1 Invité

Aucun

Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 17 le Mer 12 Juin 2013 - 7:50
Notre Communauté
Nos Classes Virtuelles
Derniers sujets
» La charte du site "Important à lire"
Ven 3 Mai 2013 - 4:22 par walido

» Pour les lycéens de la deuxième année bac
Jeu 27 Jan 2011 - 9:36 par mahita

» Cours et exercice de lycée téléchargeables !
Jeu 27 Jan 2011 - 9:25 par mahita

» Cours et exercice de lycée téléchargeables !
Jeu 27 Jan 2011 - 9:24 par mahita

» Moderateur / adminstrateur des grand forum
Dim 12 Sep 2010 - 6:04 par Amour des mots

» Femmes auteures avec pseudonymes masculins
Mar 8 Déc 2009 - 16:17 par Amour des mots

» TWILIGHT de Stephenie Meyer
Ven 6 Nov 2009 - 4:42 par Amour des mots

» Bienvenue aux nouveaux membres
Sam 12 Sep 2009 - 9:07 par Tatsuki

» Dans quelle date va débuter l'inscription ?
Jeu 3 Sep 2009 - 17:06 par Amour des mots

» LA PHRASE SIMPLE
Dim 7 Déc 2008 - 4:19 par Titrite

Ma Trousse d’Outils
Bibliothèque numérique
Meilleurs posteurs
Amour des mots
 
Hermionne
 
Kawtar
 
Yasmine
 
Lycéenne
 
Titrite
 
mahita
 
walido
 
Tatsuki
 
ziko
 

Annuaire des sites marocains



Partenaires
Forum gratuit



Tchat Blablaland


Imageshack



Liens Importants

Partagez | 
 

 L'albatros

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Amour des mots
Admin
Admin


Féminin
Nombre de messages : 682
Age : 42
A votre service :
Points : 3472
Réputation : 5
Date d'inscription : 13/04/2008

MessageSujet: L'albatros   Mer 9 Juil 2008 - 10:55


L'albatros



Charles Baudelaire


Introduction :

Ce poème est extrait de "Spleen et idéal", la deuxième partie du recueil Les Fleurs du mal.
Cette partie évoque l'homme déchiré entre l'aspiration à l'élévation et
l'attirance pour la chute, déchirement à l'origine de l'envie nommé
spleen, indissociable de la condition humaine et qui finit par
triompher. L'albatros traduit chez Baudelaire
la conscience d'être différent des autres. Baudelaire a recours à une
image très suggestive pour dépeindre sa propre condition dans une
société qui l'ignore complètement. L'image de l'albatros capturé évoque
l'idée d'un être totalement étranger au monde qui l'entoure. Baudelaire
faisait partie de la génération des poètes maudits, c'est-à-dire non
compris par les gens de son époque. Les trois premières strophes
concernent l'albatros tandis que la dernière est dédiée au poète.



Lecture du texte


Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.






Problématique : Il s'agira de découvrir la signification allégorique du poète.


Etude méthodique
I- La parabole du poète oiseau

A- Une double analogie
---- Une double comparaison
Ce poème est fondé sur une double comparaison. L'albatros est
personnifié étant donné que le poète est comparé à l'oiseau. Grâce à un
réseau de personnification, les trois premières strophes comparent
l'albatros à un roi déchu (" roi " vers 6), à un voyageur ailé tombé du
ciel. La quatrième strophe explicite le symbole en faisant du poète,
par une comparaison et une métaphore hyperbolique, un " prince des
nuées " (vers 13) aux " ailes de géant " (vers 16). Exilé parmi les
hommes, la vie de l'albatros apparaît donc comme une parabole qui
définit l'existence du poète. Le poète et l'albatros sont associés dans
la dernière strophe et cette association oblige à une réinterprétation
: le voyageur ailé devient le poète, les hommes d'équipage : la foule
et les planches : le théâtre social.

B- L'élévation
-----Les thèmes du poète
- La verticalité, l'aspect aérien. L'albatros est évoqué dans toute sa
grandeur comme le confirme l'enjambement des vers 1 et 2 qui suggère
l'immensité des espaces que l'albatros a à parcourir. Cette notion de
grands espaces est renforcée par l'hypallage du vers 2 (" vaste oiseau
des mers " = oiseau des vastes mers).
- L'aspect sublime : Au-dessus de l'horizontalité médiocre (la
société), l'oiseau donne une impression de majesté, fait de fluidité,
comme l'eau sur laquelle vogue le navire mis en relief par l'harmonie
suggestive du vers 4 en " v ", " s " et " f ".
- L'isolement, la solitude : Il y a le monde d'en haut et le monde d'en
bas et la communication entre les deux est difficile, voire impossible.
- La situation de la victime : l'albatros mais en même temps, le poète
est agressé par les moqueries des marins (vers 11 et 12) puis par l'archer
et les huées (vers 14 15).


II- Un univers soumis à de fortes tensions

A- Le jeu des antithèses
-----Le jeu des antithèses
Le poème de Baudelaire donne de l'albatros deux visions radicalement
opposées : autant l'oiseau en vol est un oiseau majestueux à l'allure
souveraine désigné par la périphrase du vers 16 : " les rois de l'azur
", autant lorsqu'il se pose il paraît ridicule : - les " ailes " du
vers 7 qualifiés des deux épithètes " grandes " et " blanches " ? " les
avirons (vers 8) ; - la beauté du vers 10 ? la laideur du vers 10 ; -
du vol royal (vers 3), on passe au boitement de l'infirme (vers 12).
Ces oppositions sont soulignées par des antithèses : - " roi " (vers 6)
? " maladroit " et " honteux " (vers 6) ; - le " voyageur ailé " (vers
9) ? "gauche " et " veule " (vers 9) ; - " naguère si beau " (vers 10)
? " comique " et " laid " (vers 10) de plus, ici, la rime intérieure
croisée associe encore à l'idée de l'albatros celle d'un animal ayant
perdu son rang et son titre de " roi " ; - " infirme " ? " volait "
(vers 12).

B- Le jeu sur les sonorités

---- Les sonorités
Le jeu sur les sonorités renforce le contraste. La majesté de l'oiseau
en vol est rendue par l'assonance en " en " (vers 1, 2, 4, 13, 14, 16)
et l'allitération en "v" (vers1, 2, 3, 4). La déchéance de l'albatros
se traduit sur le plan phonétique par une sorte de dégradation et
l'assonance en "en" est désormais associée à des mots dont le sens ou
les connotations sont négatives ou péjoratives. Le destin funeste de
l'oiseau est prédit par l'allitération en "s" du vers 4 : "gouffres
amers". La troisième strophe accumule des sonorités qui produisent un
effet désagréable avec l'assonance en "e", assonance déjà présente dans
la strophe précédente avec "eu" de "honteux" au vers 6, "piteusement"
au vers 7, "à coté d'eux" au vers 8 et l'allitération en "c" et en "gu"
comme "gauche" au vers 9 et la cacophonie " comique et laid " du vers
10. Ainsi, le jeu des sonorités accentue la différence de l'animal au
fur et à mesure du poème ce qui est renforcé par la disposition en
chiasme des sonorités du vers 11.

C- Le mouvement des phrases
---- Le mouvement des phrases
Il prend une valeur descriptive. On notera en particulier :
- Une ample phrase, bien balancée pour présenter l'oiseau en vol dans la première strophe ;
- Une nouvelle phrase dans la deuxième strophe très ample mais cette
fois avec une nuance d'ironie pour présenter l'oiseau posé sur les
planches ;
- Dans la troisième strophe, une série de trois phrases exclamatives
plus courtes, au rythme plus haché pour traduire la souffrance de
l'albatros ;
- Dans la quatrième strophe, une phrase en deux parties qui explique la
dimension symbolique de la comparaison avec l'oiseau, il récapitule
l'opposition.



III - Les symboles d'une chute

A- Une image symbolique
---- L'image de la chute
A prendre au sens physique et au sens moral du terme, la chute du poète
oiseau est suggérée par des images symboliques : perdant la liberté
dont il jouit quand il " hante la tempête " (vers 14). C'est une
métonymie du climat pour désigner le lieu, il est désormais prisonnier
des " planches " au vers 5, synecdoque pour désigner le pont du navire.
On note le caractère ridicule de l'oiseau lorsqu'il est en dehors de
son élément car un roi sur une planche, ce n'est pas sa place.
L'anacoluthe des deux derniers vers (" exilé " est au masculin
singulier, on attend donc un sujet au masculin singulier mais on a "
ses ailes " qui est au féminin pluriel) accentue le déchirement du
poète entre ses deux vies : celle de la réalité et celle de l'idéal.
L'art est pour Baudelaire une affaire personnelle : le poète ne se mêle
pas au public vulgaire. Leurs cultures sont trop éloignées. Le poète
doit donc s'exiler, être seul et cette singularité s'est cristallisée
dans le symbole de l'albatros.

B- La portée des images
---- La portée des images
L'albatros est désigné par les expressions suivantes : des périphrases
au x vers 2, 3, 6, 9, 13, 19 qui ont toutes une valeur emphatique : de
périphrase en périphrase, c'est tout l'aspect majestueux et souverain
qui est déployé. La dernière strophe développe la comparaison entre le
poète et l'albatros. C'est la même souveraineté dans la solitude mais
c'est la même déchéance lorsqu'il redescend au niveau de l'humanité
vulgaire. La comparaison entre l'oiseau et le poète permet de dégager
la signification allégorique du poème : comme l'albatros, le poète est
victime de la cruauté des hommes ordinaires comme les hommes d'équipage
au vers 1 qui ne sont pas es " indolents compagnons " (vers9). De plus,
les " nuées " du vers 13 ? " huées " du vers 15. Les marins du vers 11
agacent et provoquent l'animal. Le poète est donc déchiré entre le
monde sublime (la poésie) et la vulgarité dégradante de la société.
Bien plus, l'agressivité des hommes qui se manifeste par les huées de
la foule va jusqu'à une volonté de meurtre symbolisée par l'archer du
vers 14. On n'hésitera pas à mettre à mort le poète symboliquement mais
il reste un homme incompris. L'albatros poète se moque des flèches qui
ne peuvent l'atteindre. Il est exilé, c'est-à-dire étranger du milieu
dans lequel il vit et est très mal vu et ses ailes, c'est-à-dire le
génie, le gênent.


Conclusion :

Selon Baudelaire, la place du poète dans la société est
comparée à un albatros : majestueux dans le ciel, son élément,
mais ridicule sur terre et au contact des hommes. De même, le poète
se situe au-dessus du commun des hommes pour ses poèmes, mais mêlé à la
foule, il n'est rien et devient ridicule. Baudelaire faisait ainsi partie de
la génération des poètes maudits, c'est-à-dire
non compris par les gens de son époque.

_________________
Grâce à vos efforts, notre site pourra s'améliorer !

Avant de poster vos sujets lisez et signez notre charte ICI



«Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.» [Charles Baudelaire]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lyceemarocain.forumpersos.com
 
L'albatros
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Albatros D.V
» étymologie "albatros"
» liaisons dans l'Albatros
» Charles Baudelaire : L'Albatros
» Patrouilleur PSP - P681 Albatros

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Lycée Virtuel Marocain :: Prosodie (pour les amateurs de la poésie) :: Analyses des poèmes-
Sauter vers: